L'ACTU

"On ne gagne pas une finale avec des cartons"

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Le point de vue de Joël Quiniou

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"On ne gagne pas une finale avec des cartons"


A l'image de cette formidable réplique lancée par Pascal Garibian à un joueur nantais, notre cher collègue Val-de-Marnais aura été d'une grande tenue durant une finale disputée entre deux équipes pour lesquelles l'enjeu aura assurément primé sur le jeu. Mais plutôt qu'un jeu bien terne, nous préfèrerons retenir de ce 17 avril l'excellente prestation de Pascal qui sera parvenu à porter jusqu'aux cimes du Stade de France l'arbitrage Val-de-Marnais. On regretterait presque que la prolongation n'ait duré que 30 minutes...



Un vrai enjeu
Une place en coupe de l'UEFA, un joli pactole et surtout un titre plus qu'honorifique, tels étaient les enjeux de cette finale, la Xème de l'histoire de la Coupe de la Ligue. Sochaux et Nantes, connus pour la qualité de leur jeu, arrivaient donc motivés et concentrés pour jouer cette finale. De son côté, Pascal abordait la seconde finale de sa carrière au Stade de France, après la finale de la Coupe de France disputée en 1999 entre Sedan et Nantes. Ce match était pour lui une formidable occasion d'affirmer à tous, si cela était encore nécessaire, son talent et sa passion pour l'arbitrage. Véritable couronnement d'une saison négociée de main de maître, Pascal se voyait récompensé de son investissement constant à la cause des hommes en noir comme de sa longévité au plus haut niveau.

Pour autant, empreint de son humilité naturelle, Pascal n'abordait pas cette rencontre du haut de ses onze ans de carrière en première division. Non, Pascal avait enfilé samedi soir le costume du passionné ressentant ce fameux trac du début de match, tout en démontrant cette sérénité, telle sa " marque de fabrique " et sa capacité à gérer les pressions médiatiques et sportives. Ce formidable état d'esprit lui aura permis de réaliser bien plus qu'un grand match, il aura éclaboussé la rencontre de sa superbe, montrant à tous que l'arbitrage n'est ni un sport, ni un combat, c'est un art, de haute voltige certes, mais dans lequel Pascal excelle.

Un match parfait
Excellemment assisté de notre cher Président de CDA Didier Peyrot, du sympathique nordiste Philippe Behague et du non moins pétillant collègue d'Aquitaine Pascal Villéo, Pascal aura rendu samedi soir une copie nette, sans accroc. Si d'aucuns avaient cru bon de contester sa désignation en remettant en cause, avec une mauvaise foi déconcertante et finalement irresponsable, son talent et ses qualités, Pascal aura montré à tous ses détracteurs qu'en plus d'être un grand homme de terrain, il possède les vertus mentales des plus forts : la sérénité, le courage et une formidable capacité d'abstraction des événements.

Par son activité physique sans faille et sa course si élégante, notre digne représentant aura été présent à tous moments de cette interminable finale et n'aura ainsi jamais été pris de cours. Longiligne, endurant, Pascal aura prouvé à tous que l'entraînement paie et que bien que n'étant plus l'adolescent qui allait arbitrer en Basse Normandie en mobylette, Pascal conserve une puissance physique à faire pâlir certains jeunes loups.

Diplomate, habile, il aura réussi l'exploit de ne pas sortir le moindre carton au cours d'un match pourtant tendu par l'enjeu. D'une grande classe, il répondra même à un Nantais réclamant un avertissement à un adversaire " on ne gagne pas une finale avec des cartons ! ".

Pascal aura réalisé bien plus que le gain de cette finale. Il nous aura enivrés, fait vivre une formidable soirée et aura rendu à la fonction d'arbitre toute son aura. Bien plus qu'un simple homme en noir, il fut un exemple portant très haut les couleurs de son département de cœur et d'affection, le Val de Marne. De nombreux spectateurs se mirent d'ailleurs à estimer que si avec Pascal " on n'a pas le même maillot, on admire sa passion " !